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Jeudi 25 Août 2016 Sonia Rykiel est décédée des suites de la maladie de Parkison. La « reine du tricot » avait 86 ans. Retour sur une icône de la mode.

 

« Mentir c’est consacrer le non sacré, et c’est très important » disait-elle. J’aimerais bien mentir là…

La créatrice aux cheveux flamboyants nous a tristement quitté en cette fin de mois d’août, laissant derrière elle chagrin et désillusion … cette femme qu’on n’aurait jamais pensé mourrir.
Retour sur une créatrice qui a marqué son temps, personnage principal d’une pièce à succès.

Sonia Flis était une jeune fille pleine de vie, toujours la tête plongée dans les livres à raconter des histoires, inventer des légendes. Après son bac, qu’elle échoua la tête trop pleine de rêves, elle devint étalagiste à la grande maison du blanc.
L’histoire aurait pu s’arrêter là… c’était sans compter sur sa rencontre avec l’homme qui deviendra son mari, Sam Rykiel, heureux propriétaire d’une boutique de prêt-à-porter dans le 14ème arrondissement. Lorsqu’elle l’épouse en 1954, elle est loin de se douter que c’est une carrière dans la mode parmi les plus grands qui l’attend.

 

Plus tard, lorsque je ne serai plus la même, j’offrirai des cocktails sublimes dans des verres superbes. Je serai jeune longtemps, je ne me laisserai pas happer par la vieillesse, je me battrai, me transformerai, je ne crois ni aux potions, ni aux massages, je ne crois qu’à l’allure, au déplacement du dos, de la tête, je deviendrai un symbole. » (N’oubliez pas que je joue – Sonia Rykiel)

Enceinte de Nathalie, sa première fille, l’envie de créer lui prend aux tripes. En trois coups de crayons elle croque un petit pull noir qui fera succès dans la boutique de son époux. C’est le début d’une carrière détonnante.
De fil en aiguille et à grands coups de petits pulls en mailles, Sonia se fraye un chemin vers les grands de son temps. Consacrée « Reine du tricot » par le magazine américain Women’s Wear Daily, elle décide qu’il est temps que ses créations est pignon sur rue.
En 1968, elle ouvre son magasin éponyme, rue de Grenelle, rive gauche, et dans un sens… c’est un pavé dans la marre et une pierre à l’édifice de Mai 68. Slogans sur sa maille, coutures apparentes, ourlets à gogo et sans doublures s’il vous plait, Sonia Rykiel révolutionne la mode par la démode. On ne s’habille plus selon une tendance mais POUR SOI. La femme Rykiel croque la vie à pleines dents, chasse son naturel et incarne tout ce qu’elle a profondément envie d’être. Audacieuse, féminine à l’opiniâtreté masculine « elle vit avec ses vêtements comme avec un amant ».

En parallèle Sonia écrit, s’intéresse, mange du chocolat et fume des cigares. Elle fait parti du Jury de l’Affiche, chaque premier lundi du mois. Décoratrice d’intérieure à ses heures perdues pour le Crillon et le Lutetia, elle s’éparpille pour mieux revenir à cette histoire, cette légende, cette femme qu’elle essaye de créer  sans jamais réussir à complètement l’attraper.
Véritable personnage de scène Sonia Rykiel jouait dans la pièce de sa propre vie.
Aujourd’hui, comme le dit si joliment le réalisateur Serge Moati, « elle va habiller le paradis ».

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